22 mars 2007
Les nuits de porcelaine
Avec mes chevaux de misère
Traînant la carriole des jours
Au quatre coins de mes amours
.
Avec la ligne qui lacère
la peau trop tendre de mes mains
Sans jamais montrer le chemin.
.
Avec mes ongles de poète
Griffant les murs pour un toujours
Qui blesserait un air de fête,
.
je suis allé chercher Verlaine
Dans la taverne où l'on est saoul
Pour une absinthe qui absout,
Et avec trois francs six sous
On met le vin au fond des veines,
Brisant nos nuits de porcelaine.
.
Avec son rire sur mes épaules
Si lourd qu'on dirait une croix
A se méprendre de Saint Paul
.
Il me toise comme une proie
Les yeux cernés au vitriol
De ses débauches dans l'alcool
.
Mais sa voix chaude des naguère
Raconte une chanson bien douce
Aux hommes qui porteront leur guerre,
Et avec trois pieds six pouces
On met le vin au fond des veines
Brisant nos nuits de porcelaine.
Et avec trois pieds six pouces
On met le vin au fond des veines
Brisant nos nuits de porcelaine.
.
j'ai bu , j'ai ri, j'ai embrassé
Tuant le temps dans le lacet
A la cheville d'une femme nue
.
J'ai vu ces yeux trop ingénus
Rouler des airs de madone
Aux matadors parvenus
.
j'ai vu mon ami de paresse
Se foutre de toute ma tristesse
Dans un grand rire d'allégresse
.
Et pour trois rimes de tendresse
On met le vin au fond des veines
Brisant nos nuits de porcelaine.
Et pour trois rimes de tendresse
On met le vin au fond des veines
Brisant nos nuits de porcelaine.
.
L.D ,2007
09 décembre 2006
Ultimes retrouvailles

*
Nous étions tous venus pour parler de naguère
Les vieux amis perdus ,les bons copains d'hier
Nous étions tous venus ,chacun en sa douleur
Regarder le bois nu et respirer les fleurs.
*
Simple cérémonie pour mille autres pareilles
Mais c'est nous ! pauvres humains à la mort soumis
Bras ballants de tristesse ,accrochés à la treille
Comme des raisins secs dans le vin d'un ami...
*
O, mes copains ,que dire qui ne soit déjà pris ?
On aurait peint le ciel pour en tuer le gris
Décrocher la cocagne à poser sur son lit,
Mais nous étions des hommes en face de l'accompli.
*
Capitaine du feu , emporte sa gondole!
Que chacun sur ses doigts compte la farandole
Des années qui passent et repassent , nous enlacent
Dans le fleuve des rires et des pleurs qui s'effacent...
*
Puis nous l'avons serré en posant deux pétales
Sur le cercueil fermé par nos souffles trop pâles,
Nous savions que chacun en silence amical
Déposait un mot tendre offert comme une escale.
*
Plus tard , ombres et loups ,au coeur du cimetière
Nous embrassions nos mains , parlions de nos hier
Et dans le sourire doux des enfants pour leur père
S'évaporaient nos peines, il doit en être fier.
*
Nous étions tous venus pour parler de naguère
Les vieux amis perdus ,les bons copains d'hier
Puis nous sommes partis, chacun dans son chagrin
Puis nous sommes partis , chacun vers son matin.
*
A mon ami.
A Caroline et ses deux ange-courage.
A tous les amis de Daniel.
22 novembre 2006
Soir
Des rubans de fumées bleues
S'accrochent et disparaissent
Déchirés , habits de la nuit.
On voudrait avoir les yeux
Qui percent la paresse
Des nuages endormis.
Et puis, le chant des Djinn,
Dans l'alcôve d'une main
Tendue en draps de peau.
Une petite plume fine
Chante la pluie demain
Sur la perle des eaux.
Il fait bon sur ton sein,
Un vin frais de pays
Aux bulles d'éclat rubis.
Esquisse à la fumée
J'allume une cigarette
Et regarde tes yeux,
La fumée qui s'entête
Se mêle à tes cheveux
*
Tabac blond, mêche brune
Comme un serpent de lune
S'enroulent sur ton front,
Arabesques volutes.
*
Volupté de saison
Où le chaud fait la lutte
Au rumeur des frissons,
Je souffle sur tes seins
*
Et leur pointes mutines
Lentement se redressent
Dans l'amer parfum
De la nicotine.
*
Tu allumes une cigarette,
De tes lèvres en paresse
Le souffle me caresse
Et la fumée m'enquête:
*
Elle fait le tour de moi
S'accroche à mon torse
M'esquisse et me force
En litho de Trémois.
*
On souffle l'un sur l'une
Et l'une sur l'un
Dessinant au vélin
La peau nue de nos dunes...
douce morsure
A l'aube, sur le ponton du lit
La voile des draps larguée
Un soleil précoce entre les lattes du volet bleu...
Mon drapeau en berne
D'avoir tant claqué au vent
De tes salines de nuit,
Mes yeux sur tes dunes de sable émouvant
La fatigue douce de l'amant
Le besoin de simplement regarder
D'être là , de s'étirer,
L'odeur de moi en toi fait la brume
Femme flacon parfum d'ivresse nue
Et le sang rouge d'un fruit mordu,
Jeunesse d'amour
En quatre coups de dents.
09 novembre 2006
Douce
Si douce
Douce
Silhouette aux silences d'aplomb
Lasso de lumière
sur la pente d'un pont
Où chaque pierre
Douce
Respire la pluie
Celle qui vient de l'amont.
Le pavé est lisse
Pour y graver nos noms.
*
Douce, douce
Lente est la vie de tes yeux
A l'étincelle des paupières
Silhouette silence
D'arbre tendu
Nu
Et lisse est le tronc
Pour y graver nos noms.
05 novembre 2006
revoir un ami
Comment je t'accompagne, Ami
puisqu'elle est belle
La noir éternelle
Qui t'appelle là bas?
Que serai- je avec mes mots de vivant
Ma soif de vivre , mes désirs entêtants ,
Et qu'entre les nonchalances
Encore mon coeur balance
Pour deux parfums rois?
Comment je t'accompagne, Ami
Puisqu'elle est forte
La noire qui t'exorte
A la suivre là bas?
Je ne sais pas, je ne sais pas.
Et tout est souvenirs de nos jeunesses liées
Dans le serment des portes
Qui claquent entre le ciel et toi.
Tu pars si lentement
Que c'est un "chuuut"
Lancé à toute peine .
31 octobre 2006
Vieux Amants
*
Quand la belle jeunesse
Qui s'en ira bientôt
Comptera les merveilles
Des heures de paresse,
*
J'irai ,ma Désirade ,
Où souffle le vent chaud
Saluer le soleil
Et l'ombre de la rade.
*
Un ciel en obole
Et des poissons d'argent,
Le frissons de l'alcool
Au croissant des figures
*
La mer qui se fait lasse
Pour enlacer l'azur
Et la chanson du vent
Qu'abandonnent les cieux.
*
Tout sera comme avant
Je te peindrai les yeux
Devinant ta couleur
Dans le sable brûlant.
*
Ainsi parlait le coeur
A l'arbre centenaire,
Gravé dans le rosaire
D'une écorce d'amant.
17 septembre 2006
genre d'étoile
Avant de te connaître
Je chevauchais le chaos
Cherchant l'étincelle,
Le début de mes mots.
*
Avant de te connaître
Je titubais ,genre d'étoile
Qui meurt dans le ciel
Et la poussière du monde
Y faisait comme un voile.
*
Mes yeux étaient des calos
Qui faisaient la ronde
Au dedans de ma tête.
Et puis toute les tempêtes
Saignaient leur vent glacé
Ébouriffant les jours
Et les nuits en secret.
*
Que m'importe un empire
Disait le sage à sa lyre
Si toutes les heures
A l'emprise de ma vie
M'apportent le bonheur
Au delà des envies...
*
Je ferai de ma loi
Un lit de mots douillet
Où je te coucherai
En silence
Sous l'oeil de toi et moi.
*
Que tous les soleils y mûrissent
Et même l'étoile qui danse
Au dessus des abysses.
14 septembre 2006
baiser de sable
Nos ombres hochaient la tête aux pieds d'une citadelle
Ecrasant sur les murs la sueur de nos fronts
Et les deux cigarettes au miel des murmures
S'enlaçaient dans la nuit pour fumer la chanson.
*
On parlait de nos yeux sur la roche de sel
Blanche écume de ciel à la brune figure
Quand deux étoiles naines au lait de la chamelle
S'échappèrent de la Voie en tourbillon d'azur.
*
Douce nuit du désert à la portée des dunes
Nos coeurs tamisés tam-tamaient le silence
Et dans le roulis blanc des étoiles qui dansent
Sa lèvre me tanguait sur un djembé de lune.


